Développé par le studio chinois Nekcom, « Showa American Story » est un jeu de rôle et d’action qui se déroule dans un 1991 parallèle où l’expansion économique japonaise ne s’est jamais arrêtée et où les États-Unis sont devenus une colonie culturelle du Japon, avant qu’une épidémie de zombies ne s’y déclare.
La statue de la Liberté porte désormais un kimono et une lanterne géante de papier pend sur le Golden Gate de San Francisco. Los Angeles s’appelle Neo Yokohama, la ville d’Austin est devenue Neo Tokyo n° 4, et l’État du Texas a été vendu à un consortium japonais. Aux habitants, le calendrier officiel indique Showa 66, parce que l’ère Showa ne s’est pas achevée avec la mort de l’empereur Hirohito en 1989. Voilà pour le décor de « Showa American Story » où l’on joue Choko Chigusa, une cascadeuse de dix-neuf ans venue passer une audition pour un film d’action avec sa jeune sœur, assassinée peu après son arrivée à l’aéroport, enterrée hors de la ville, et revenue d’entre les morts dans un pays livré aux zombies.
Un cauchemar américain vieux de quarante ans
Le point de départ de cette uchronie, le directeur créatif Xiangyu Luo l’a trouvée en Chine, dans les années 1980, où l’on évoquait un Japon si riche qu’il finirait un jour par racheter les États-Unis. Cette rumeur avait un fondement, et elle a hanté l’Amérique elle-même pendant une dizaine d’années. Sony a racheté Columbia Pictures en 1989, Mitsubishi Estate a pris le contrôle du Rockefeller Center la même année, Matsushita s’est offert MCA et Universal en 1990. La fiction populaire a suivi le mouvement. « Piège de cristal » installait ses terroristes dans la tour de la Nakatomi Corporation en 1988, Ridley Scott filmait des yakuzas faux-monnayeurs dans « Black Rain » en 1989, et son « Blade Runner » avait imaginé dès 1982 un Los Angeles dominé par les enseignes asiatiques. Michael Crichton a rassemblé toutes ces craintes dans « Soleil levant » en 1992, un roman dont la postface avertissait sérieusement le lecteur des desseins japonais, adapté au cinéma l’année suivante avec Sean Connery et Wesley Snipes.
Cette panique morale s’est éteinte avec la bulle japonaise, et trente ans de croissance faible l’ont rendue presque incompréhensible au monde contemporain. « Showa American Story » la reprend intacte, à ceci près que ce n’est pas un Américain qui la raconte.
Trois cultures et aucune recherche
Xiangyu Luo et son équipe ont grandi en Chine pendant la période d’ouverture engagée par Deng Xiaoping, quand les mangas, les films et les séries japonais et américains sont entrés dans le pays. C’est de là que vient la matière du jeu, une représentation de l’Amérique telle qu’il l’imaginait à cette période, envahie par la culture japonaise.
Ce regard produit un objet que ni un studio japonais ni un studio américain n’auraient fabriqué. Luo cite d’ailleurs Quentin Tarantino, Takeshi Kitano et Takashi Miike parmi ses références, se dit ami avec Suda51, et affirme ne pas savoir quelle part de son humour est chinoise, américaine ou japonaise.
Ce qu’on y joue
Ce jeu d’action à la troisième personne, bâti sur quatre villes semi-ouvertes que Choko, relie au volant du camping-car qui lui sert de base Neo Yokohama, San Francisco, Las Vegas et Neo Tokyo n° 4. Elle manie trois armes au choix parmi un arsenal qui va du fusil à pompe au drapeau américain, avec esquives chronométrées, parades, jauge de rage et exécutions. La bande-annonce, narrée par un président des États-Unis amateur d’animation japonaise, présente les compagnons de route. Trump appréciera, ou non. Le projet a été révélé début 2022, avant de le repousser de 2025 à 2026 en novembre dernier. Aucune date de sortie officielle n’a été communiquée.
Showa American Story
- Nature
- Sortie jeu vidéo
- En pratique
- « Showa American Story », développé par Nekcom Entertainment, annoncé pour 2026 sur PlayStation 5 et PC via Steam.