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Jeudi 8 octobre 2026

« Dragon Quest XI », tout changer pour ne rien changer

Sorti en France en 2018, enrichi en 2019 d’une édition définitive sur Switch, « Dragon Quest XI » revient sur Switch 2 dans une version « technique », identique à cette dernière à deux modes d’affichage près. Le Japonais Yuji Horii, créateur de la saga, y raconte un retour aux origines, un geste que la série répète depuis 1988.

Good Game
Dessin aux tons bleutés : trois personnages armés marchent dans un paysage enneigé parsemé de rochers et d'arbres.

Tout changer pour ne rien changer. Dans « Le Guépard » (1963) du réalisateur italien Luchino Visconti, le personnage de Tancrède, joué par un Alain Delon à la beauté renversante, lance cette maxime à son oncle, le prince Salina, en partance pour rejoindre un général débarqué en Sicile en 1860. Le flamboyant long métrage dépeint une aristocratie qui cherche désespérément comment survivre au monde nouveau qui s’annonce. Cette maxime résume parfaitement la saga de JRPG « Dragon Quest ».

La boucle de jeu, désormais rassurante, est toujours là. On entre dans une ville, on interroge les habitants pour glaner un indice, on dort à l’auberge pour recouvrer ses forces, on sauvegarde à l’église, puis on reprend la route vers la région suivante en gagne expérience tet force. Autour du héros, la troupe aligne ses figures rabâchées depuis « Dragon Quest III » (1988). Chaque équipe réunit des typologies répétées d’opus en opus. Celui qui frappe, celui qui soigne, celui qui lance des sorts, la chanson DQ est connue.

En 2018, la chanson « Dragon Quest XI » installait l’univers dessiné par le Japonais Akira Toriyama, créateur de « Dragon Ball », dans le moteur de jeux américain Unreal Engine 4, sans pour autant menacer les fondations posées par le premier épisode en 1986 avec un combat au tour par tour quasi mathématique, un héros qui ne parle jamais et la fameuse « Ouverture » du compositeur japonais Koichi Sugiyama. Huit ans après sa sortie, et une édition « définitive » sur Switch en 2019, le jeu revient sur la console Switch 2  sans rien ajouter, sinon une image plus fine ou plus fluide selon les goûts. C’était donc bien une édition définitive et qui possède la précédente édition peut passer son chemin. Alors pourquoi s’échiner à défourailler les monstre de Toriyama à longueur de paysages colorés ?

D’abord pour le pitch indécrottablement JRPG de « DQ XI ». Le jour de ses seize ans, un garçon élevé dans un village de montagne apprend qu’il est la réincarnation d’un héros, légendaire évidemment. Mais au moment où il se présente au roi du pays, celui-ci le déclare responsable des malheurs du royaume et le fait jeter au cachot. Pas de chance. Mais un premier rôle de JRPG ne peut rester longtemps derrière les barreaux et le voici, une fois libre, parti sur les chemins pour comprendre ce que la vie attend de lui.

Surtout, le jeu avance vers ce but comme une série télé bien calibrée, où chaque région forme un épisode. On arrive dans une ville, un notable expose son problème, une malédiction, un enfant disparu, un monstre terrorisant la population, et nous voilà en train de mener l’enquête auprès des habitants, de descendre dans un donjon voisin et de terrasser son gardien, avant que la ville ne fête son sauveur et qu’une nouvelle route ne s’ouvre, encore et encore. Mais ce onzième épisode sait aussi innover quand il permet, depuis n’importe quelle église, de basculer le jeu entier en 2D… façon années 1990. Même quand la saga invente, elle se tourne encore vers le passé.

Il est vrai que ce passé n’a pas dit son dernier mot. En 2025, « Clair Obscur : Expedition 33 », jeu de rôle du studio montpelliérain Sandfall Interactive, s’est ouvertement inspiré des JRPG classiques pour gouter à un succès rare dans le jeu vidéo français. Tout changer pour ne rien changer. Ce que l’on tenait en 2019 pour un archaïsme lourdaud est devenu un modèle, et le conservatisme de « Dragon Quest XI » a désormais une longueur d’avance. DQ n’a jamais cessé de regarder en arrière, et alors ? « DQ XI » est l’un des meilleurs épisodes de la saga, qu’on se le dise.

Infos pratiques

Dragon Quest XI S : Les Combattants de la destinée – Édition ultime

Dates
24 septembre 2026
Nature
Sortie jeu vidéo
Plateformes
Nintendo Switch 2
En pratique
« Dragon Quest XI S : Les Combattants de la destinée – Édition ultime », de Square Enix (Japon). Création et scénario : Yuji Horii. Personnages : Akira Toriyama. Musique : Koichi Sugiyama. Sur Nintendo Switch 2 depuis le 24 septembre 2026, 39,99 €.

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