Vers 535 avant notre ère, des Grecs de Phocée, la cité qui avait déjà fondé Marseille, fuient l’invasion perse et fondent Élée dans le sud de l’Italie. Ces exilés ont eu à décider où bâtir et qui gouvernerait. « Elea. Città da fondare » confie aujourd’hui ces décisions aux joueurs.
Vers 600 avant notre ère, des Grecs venus de Phocée, sur la côte de l’actuelle Turquie, fondent Massalia, qui deviendra Marseille. Quelques années plus tard, d’autres Phocéens fuyant l’invasion perse débarquent sur la côte du Cilento, au sud de l’Italie, et y fondent Élée, la ville où Parménide ouvrira son école de philosophie. Dans « Elea. Città da fondare », jeu vidéo présenté par les parcs archéologiques de Paestum et de Velia, c’est au joueur de décider comment va se bâtir cette seconde cité, de la répartition des terres jusqu’à la forme de son gouvernement.
Coproduit par la société AMONG, le jeu se déroule en cinq tours, de l’installation des habitations jusqu’au choix d’un gouvernement. Chaque joueur incarne l’un des cinq groupes de la cité, des prêtres aux marchands. Chaque proposition passe au vote avant de peser sur l’équilibre de la ville. Et ce vote obéit à Parménide. Dans son poème, le philosophe opposait la doxa, l’opinion, à l’aletheia, la vérité. Le jeu traduit cette opposition en deux manières de choisir, l’une au profit de son groupe, l’autre au profit de la cité. Quand l’assemblée se bloque, le Grammateus, le greffier des cités grecques, tranche selon un « algorithme parménidien ». Dans la version numérique, c’est l’application qui tient ce rôle. Il s’agissait d’« intégrer la pensée de Parménide dans les mécanismes du jeu », indique Annamaria Gimigliano, qui l’a conçu et coécrit.
Projet est né d’un appel à projets consacré au jeu vidéo que la Direction générale des musées italienne a lancé dans le cadre d’un plan de relance financé par l’Union européenne, le but ici est de rendre les lieux de culture plus accessibles. La partie se termine d’ailleurs sur une « Épreuve de l’histoire », qui soumet la ville fondée aux crises que ses habitants n’avaient pas prévues.
Le jeu existe en version numérique et en jeu de société, et une version en ligne est destinée aux lycées italiens. Plus d’informations sur parchipaestumvelia.cultura.gov.it.